Vacances au cœur du Val de Loire : l'hébergement fait toute la différence
La vallée de la Loire attire chaque année des visiteurs du monde entier, et pourtant beaucoup de séjours passent à côté de l'essentiel. La faute à une organisation trop rapide : une visite éclair depuis Paris, des heures de route entre chaque site, une nuit à l'hôtel sur un axe passant, et le sentiment d'avoir survolé un territoire qui méritait mieux. Une autre approche est possible, beaucoup plus satisfaisante et souvent moins coûteuse : s'installer une semaine dans un même lieu, et rayonner depuis ce point d'ancrage, et rayonner tranquillement d'un site à l'autre. C'est exactement ce que permet la location d'un gîte, et c'est ce que nous voulons expliquer ici, carte en main et distances réelles à l'appui. Disons-le tout de suite : le Val de Loire ne se découvre pas en excursion à la journée. L'aller-retour dans la journée existe, elles sont même largement commercialisées, mais il condense huit heures de transport pour deux visites courues. Ceux qui ont essayé les deux formules choisissent invariablement la seconde. Quelques nuits dans la région valent tous les circuits organisés, le constat est sans appel.
Choisir sa base entre Tours, Amboise et Blois
Le choix qui commande tout le séjour concerne l'emplacement du logement, avant même le nombre de chambres ou la piscine. L'atout de cette région, c'est que les grands châteaux se concentrent sur un axe assez ramassé entre la Loire, le Cher et l'Indre. Une base située entre Tours et Amboise place la plupart des sites majeurs à moins de quarante-cinq minutes de route. Chenonceau, Amboise, le Clos Lucé, Villandry, Azay-le-Rideau, Chambord, Cheverny, Chaumont-sur-Loire deviennent alors des sorties à la journée sans fatigue. En revanche, se loger trop à l'est ou trop à l'ouest, ajoute une heure et demie de route chaque jour, qui gâchent le plaisir et fatiguent surtout les enfants. Le repère à retenir : viser un logement à la campagne, à quinze ou vingt minutes de Tours ou d'Amboise, au calme mais bien relié. Pour se faire une idée précise : de Tours à Amboise, comptez environ vingt minutes, Chenonceau à un quart d'heure d'Amboise, Villandry se rejoint en vingt minutes depuis Tours, Chambord et Cheverny à environ une heure. Autrement dit, une base en Touraine met tout à portée sans jamais dépasser l'heure de trajet. C'est ce maillage serré qui fait la force de la destination.
Quels châteaux choisir
L'appréhension que l'on nous rapporte le plus souvent est que les châteaux finissent par se ressembler. Le risque est réel dès lors qu'on enchaîne sans discernement, et totalement infondée si l'on choisit des sites de nature différente. Chenonceau enjambe la rivière et se visite autant pour ses galeries que pour ses jardins, marqué par l'empreinte de Diane de Poitiers et de Catherine de Médicis. Chambord relève d'une logique complètement différente : démesure royale, escalier à double révolution, immense domaine forestier. Les jardins de Villandry se visite pour ses jardins en terrasses, avec un potager décoratif unique en Europe. Complétez avec Azay-le-Rideau, plus intime, ou Chaumont et son festival des jardins, et le séjour prend immédiatement du relief. Trois à quatre châteaux sur une semaine, c'est le bon rythme : le reste du temps se remplit tout seul. Un mot sur les plus petits sites. Loches et sa cité royale, Langeais, Le Rivau et ses jardins accueillent une fréquentation bien moindre et offrent une visite autrement plus tranquille. Dans un programme de sept jours, en intercaler un entre deux monuments majeurs donne du relief au voyage et évite la lassitude. C'est souvent là que les enfants s'amusent le plus.
Vignobles, vélo et villages
C'est généralement ce dont les visiteurs se souviennent le plus : ce que l'on trouve entre les grands sites. L'itinéraire cyclable de la Loire à Vélo traverse toute la région le long du fleuve sur un relief presque plat, parfaitement accessible en famille, par tronçons de quinze à trente kilomètres. Sur le plan viticole, Vouvray, Montlouis, Chinon, Bourgueil et Sancerre se dégustent chez les vignerons, fréquemment dans d'anciennes caves creusées dans la roche. Les habitations troglodytiques de la vallée, les marchés de Tours ou d'Amboise, les fromages de chèvre du secteur, les rillettes et rillons donnent au séjour une épaisseur que les seuls monuments ne suffisent pas à créer. Comptez aussi les forêts domaniales pour les randonnées, et les levées du fleuve en fin de journée, et l'agenda se remplit tout seul. Point pratique pour les séjours en famille : le territoire est très bien pensé pour les plus jeunes. Zoo de Beauval à moins d'une heure, étangs aménagés et bases nautiques, balades en canoë sur le Cher ou l'Indre, spectacles équestres et fauconnerie dans plusieurs châteaux alternent parfaitement avec les monuments. Faire suivre chaque visite d'une sortie active reste la meilleure formule pour que petits et grands y trouvent leur compte.
Gîte, hôtel ou chambre d'hôtes
Il n'existe pas de mauvaise solution, mais elles ne répondent pas aux mêmes besoins. L'hôtel se justifie pour une ou deux nuits, la chambre d'hôtes offre le contact et le petit-déjeuner, le gîte devient imbattable à partir de trois ou quatre nuits. Les raisons sont concrètes : on cuisine ce qu'on achète au marché plutôt que de dîner au restaurant chaque soir, le budget par nuit baisse fortement dès que l'on est quatre ou plus, chacun a sa chambre et un vrai espace de vie commun, et l'on peut lancer une machine à laver au milieu du séjour. S'ajoute un élément moins mesurable mais décisif : on cesse de vivre à l'heure de l'hôtel, on rentre en savoir davantage quand on veut, on dîne tard, on part tôt le lendemain. Le séjour devient un séjour, et non une succession de nuits d'étape. Reste la question de la qualité. C'est là que les labels prennent leur sens : ils supposent un contrôle sur place et des critères stricts, couvrant équipement, propreté, cadre et qualité de l'accueil. Regardez aussi les avis récents, les photos de l'extérieur autant que de l'intérieur, et vérifiez si les propriétaires vivent à proximité. Un propriétaire présent dans le village vaut tous les guides touristiques.
La meilleure période
Il n'y a pas de mauvaise période, et le choix dépend surtout de ce que l'on cherche. Le printemps, d'avril à juin, constitue sans doute la meilleure fenêtre : les jardins de Villandry sont à leur apogée, la lumière est douce, la fréquentation reste raisonnable. La pleine saison estivale apportent son et lumière, spectacles et festivals, au prix d'une affluence qu'il faut anticiper en arrivant à l'ouverture. Septembre est souvent le meilleur compromis : chaleur encore présente, vendanges en cours, foule en net retrait. L'automne habille la région de couleurs remarquables, tandis que la basse saison permet de profiter d'une région rendue à ses habitants, avec des châteaux presque déserts. Réservez tôt pour l'été et vous aurez le choix. Quelques précisions climatiques, souvent mal anticipée par les visiteurs étrangers : le Val de Loire bénéficie d'un climat doux et tempéré, sans les fortes chaleurs du Sud, mais avec des averses possibles au printemps. Prévoir de quoi se couvrir en soirée, y compris en plein été, évite bien des désagréments, car il fait vite frais au bord du fleuve une fois le soleil couché.
Bien préparer son séjour
- Bloquer l'hébergement en premier : c'est lui qui détermine tout le programme.
- Compter un château tous les deux jours et non une visite quotidienne.
- Arriver à l'ouverture sur les sites très fréquentés pour éviter l'affluence.
- Garder au moins une journée vélo ou marché : c'est fréquemment le moment préféré des enfants.
- Repérer les marchés locaux avant d'arriver.
- Vérifier les périodes de fermeture hivernale de quelques châteaux et jardins.
Au fond, profiter vraiment des châteaux de la Loire ne tient pas au nombre de monuments visités, mais à la manière dont on habite la région. Une base bien choisie, quelques visites bien sélectionnées, du temps laissé au hasard, aux villages et aux bords de Loire, et l'on repart avec le sentiment d'avoir vraiment découvert un territoire. C'est aussi la formule la plus raisonnable financièrement dès que l'on voyage en famille ou à plusieurs, et de loin la plus reposante. Le Val de Loire mérite mieux qu'une journée d'excursion, il mérite qu'on s'y installe quelques jours, le temps de comprendre pourquoi les rois de France en avaient fait leur terre de prédilection. Une dernière recommandation : réservez votre hébergement avant tout le reste, particulièrement si vous visez juillet, août ou un pont de printemps. Les logements bien situés se réservent parfois six mois avant, et il vaut mieux ajuster ses visites autour d'un bon gîte que de chercher un hébergement une fois le programme figé. C'est le seul élément vraiment contraint du séjour : les monuments, eux, ne risquent pas de partir.